Bonjour Marie-Alix,
En continuant mes recherches sur Genevieve de Gramont, j’ai trouvé une version PDF du livre “Amitiés de la Reine” dont vous m’aviez parlé :
http://catalog.hathitrust.org/Record/006591364
Il y a beaucoup d’information la concernant dans ce livre et cela me confirme davantage que j’ai pu être la Contesse d’Ossun dans ma vie passée!! Si vous avez du temps, lisez les pages 373-375 ainsi que la page 494 (qui est encore en lien avec les bijoux !) . J’ai hâte de finir le livre – c’est plein de details que je ne connaissais pas.
Merci encore, chere Marie-Alix, pour ce cadeau magnifique que m’avez offert! J’ai l’impression qu’un nouveau monde s’ouvre devant moi !
Sue
Pages 373-375
Elle paraissait décidée à renoncer absolument aux intimités, qui mettaient tout à la fois tant de bonheur et de trouble dans sa vie, pour se condamner au splendide isolement de l’étiquette.
Une semblable résolution était impossible à tenir avec le caractère de Marie-Antoinette. Il lui fallait absolument oublier, dans un petit cercle
d’intimes, qu’elle était reine de France.
Mme d’Ossun allait offrir à sa Souveraine ce que les divergences politiques lui enlevaient chez Mme de Polignae. Moins brillante que les autres femmes de l’en-
tourage de Marie-Antoinette, sa dernière dame d’atours avait une âme d’élite; à l’élévation du caractère, à la justesse de l’esprit, elle joignait toutes les délicatesses d’un dévouement qui devait l’entraîner, comme la princesse de Lamballe,
jusqu’au sacrifice de sa vie.
Ce dévouement sans limites prenait sa source dans la reconnaissance. Mme d’Ossun, née Geneviève de Gramont, n’oublia jamais avec quelle énergie la jeune Dauphine avait défendu sa mère contre les rancunes de Mme Du Barry. Pendant toute la période de dissipation des premières années du règne de Marie-Antoinette, Mme d’Ossun ne parut que rarement à la Cour.
Le mariage de son jeune frère, le duc de Guiche, avec Aglaé de Polignac la rapprocha de la Reine, qui se prit bientôt d’une grande affection pour elle. C’était bien, cette fois, l’amitié dans toute sa sublime surélévation : mystérieuse attirance de
deux âmes l’une vers l’autre, sans aucune des fascinations humaines. Mme d’Ossun n’avait ni la beauté de la princesse de Lamballe ou de Mme de Polignac, ni l’étincelante conversation de la comtesse Diane ou de Mm” de Maillv…
Elle était la violette de ce parterre de femmes séduisantes qui entouraient la Reine comme des fleurs splendides.
Lorsque Mme de Mailly, après avoir obtenu le titre de duchesse qu’ambitionnaient toutes les dames de la Cour, pria la Reine d’agréer sa démission, ce fut à Mme d’Ossun que Marie Antoinette songea tout d’abord pour la remplacer, sans prévoir qu’elle se donnait, pour les mauvais jours à venir, une rare et précieuse amitié.
Au moment où Mme d’Ossun prenait possession de sa charge de dame d’atours, la Révolution ne dressait pas encore son ombre sinistre, et aucun nuage ne semblait devoir jamais troubler l’intimité de la Reine et de Mme de Polignac.
Huit ans s’étaient passés… La Révolution enveloppait la monarchie, telle une pieuvre aux innombrables tentacules, et la Reine n’était plus chez elle dans le salon de son amie!…
Avec une ingéniosité touchante, Mme d’Ossun renonçant à la vie retirée qui était dans ses goûts, se multiplie pour distraire la Reine de ses préoccupations, ne rien changer dans ses habitudes, lui continuer cette atmosphère d’intimité dont elle ne
pouvait se passer. La dame d’atours organise des dîners où Marie Antoinette se retrouve avec un très petit nombre de convives, cinq ou six au plus, soigneusement
choisis parmi les personnes qui lui sont les plus sympathiques.
Mme d’Ossun n’a pas la voix délicieuse de Mme de Polignac et de Mme de Guiche, mais elle fait entendre à la Reine tous les artistes en renom, et ces concerts causent un plaisir infini à Marie Antoinette, qui, maintenant, ne va presque jamais
à l’Opéra.
Elle a renoncé à la danse depuis la naissance de Madame Royale. Cependant, le mouvement du bal l’amuse toujours, et l’attentive Mme d’Ossun organise avec sa fille, la délicieuse Pauline de Caumont la Force, de charmantes fêtes très restreintes qui rappellent à la Reine celles que lui offraient, les premières années de son mariage, la comtesse de Noailles et la marquise de Durfort.
Marie Antoinette a donné à sa nouvelle dame d’atours l’appartement tout proche du sien où elle avait installé Mme de Polignac avant d’en faire la gouvernante de ses enfants. C’est pour elle comme un sanctuaire de l’amitié, et elle éprouve tout à
la fois une tristesse et un bonheur à évoquer l’aurore de cette amitié qui lui a apporté, comme toutes les choses d’ici-bas, avec des joies exquises, de blessantes épines, mais qui reste quand même « ancrée » dans son cœur.
Pages 493-494
Avant de quitter les Tuileries, Marie Antoinette se préoccupa de la princesse de Lamballe et de la comtesse d’Ossun, que son amitié désignerait plus particulièrement aux fureurs du peuple, lorsqu’il connaîtrait l’évasion de ses prisonniers.
La Reine avait toute confiance dans un homme nommé Bouchard, qui était tout à la fois employé au service des atours et valet de chambre de la comtesse d’Ossun. Elle lui remit pour sa maîtresse une lettre soigneusement cachetée, avec la recommandation de la porter aussitôt. On devine l’émotion de Mme d’Ossun en lisant ce billet, daté du lundi 20 au soir : « Tous les devoirs réunis m’ont empêchée Madame, de vous avertir de notre départ; j’ai pourtant risqué de vous engager à faire une
course, ne fût-ce que pour vous savoir hors d’ici. J’ai bien peu de moments à moi et beaucoup d’affaires. Je me borne donc à vous assurer de mon éternelle et inviolable amitié. Dieu veuille que nous puissions être promptement réunis! Je vous
embrasse. »
Aux premières lueurs du jour, Mme d’Ossun montait en voiture et se faisait conduire à Noisy-le-Sec, chez sa mère. Elle croyait y être en sûreté jusqu’au moment d’aller rejoindre la Reine. En prévision de ce départ et aussi d’une visite domiciliaire, elle eut la malheureuse pensée d’envoyer l’un de ses gens à Versailles, où elle avait toujours
son installation, pour lui rapporter des bijoux et de l’argent et brûler des papiers.
Le domestique avait des amis à Versailles ; sans penser qu’il trahissait sa maîtresse, il raconta à l’un d’eux la mission dont il était chargé. Celui-ci s’empressa d’aller dénoncer Mme d’Ossun au Directoire du département, qui fit aussitôt partir des délégués pour Noisy, avec l’ordre de perquisitionner chez Mme de Gramont et d’arrêter la
ci-devant dame d’atours. On la conduisit à Versailles, où on lui fit subir plusieurs interrogatoires. La lettre de la Reine, qu’on avait saisie sur Mme d’Ossun, lui servit à prouver qu’elle n’était aucunement complice de l’évasion de la famille royale, et on se décida à la relâcher.